Quel mot utiliser pour parler de réseau social en collectivité ?

Les collectivités qui s’engagent dans un projet de réseau social cristallisent souvent leurs discours sur les termes à utiliser pour parler de leur projet. Pour beaucoup d’entre elles les fonctions sociales, qui permettent de se mettre en relation et de converser facilement, représentent une barrière psychologique. Elles n’osent donc pas employer certains termes…

 

Gravure représentant une composeuse Blower (ancêtre de la Linotype)  - CC BY 2.0 Zigazou76

Gravure représentant une composeuse Blower (ancêtre de la Linotype) – CC BY 2.0 Zigazou76

La peur de flâner sur Facebook
Certaines équipes projets ont conscience que les outils actuels intègrent de plus en plus des fonctions de messagerie instantanée, et de fils d’activités. Ces fonctions rappellent la ressemblance avec les réseaux sociaux grands publics comme Facebook. Or Facebook est avant tout connoté comme un réseau social d’ordre privé, où l’on y gère tout ce qui a attrait à sa sphère personnelle. En outre, certains craignent de voir leurs utilisateurs flâner sur un outil de travail, comme il peut nous arriver de le faire sur Facebook. Il est alors absolument interdit d’employer le terme de « Facebook interne » ou « Facebook professionnel » dans nos projets.

 

L’évidence lexicale de l’intranet 2.0
Même si cela dépend de nombreux facteurs propres à chaque organisation, la fréquence de refonte d’un intranet dans le secteur public est de l’ordre des 6 – 8 ans. Dans certains cas il s’agit de rajouter de la collaboration à l’intranet classique : espaces fermés à des groupes de personnes, commentaires ouverts, etc. Mais la place laissée aux agents en tant qu’émetteur est trop réduite pour appeler ça un « réseau social », il s’agit alors d’un « intranet nouvelle génération » ou « intranet 2.0 ». Or lorsque l’organisation souhaite aller plus loin dans sa transformation numérique, on ne peut plus employer ce terme. Car comme le disait notre PDG en 2011, « si la logique lexicale est évidente, sa concrétisation n’en est pas une ». Pourquoi ? Car les logiques d’usages entre un intranet et un réseau social ne sont pas les mêmes : tant sur l’organisation de l’information, la mise en avant des membres, que sur les flux d’informations (Cf. article d’Arnaud Rayrole). On ne peut donc se résoudre à employer les termes d’ « intranet nouvelle génération » ou « intranet 2.0 » pour des intentions d’usages aussi différentes.

Le mélange des genres pour les RSE
Traditionnellement, on emploie le terme de RSE pour Réseau Social d’Entreprise. Mais pour ne pas galvauder l’acronyme de Responsabilité Sociétale des Entreprises, il est souvent plus efficace d’employer un autre terme. D’autant que la présence du mot « entreprise » dans l’acronyme constitue une barrière infranchissable pour le secteur public. Exit donc maintenant le terme de « Réseau Social d’Entreprise ».

 

La compétence sociale des collectivités
Dans RSE, c’est le « E » qui pose problème, alors pourquoi ne pas parler de « Réseau social » tout simplement ? Parce que pour certains le terme « social » est trop connoté dans le secteur public. De manière exagérée, la confusion peut être faite avec le CCAS de la commune, ou l’action sociale du département. C’est selon moi une hérésie, mais s’il faut du temps pour que le terme « social » s’ancre petit à petit dans la collectivité, j’attendrai sagement… Au final, le terme « Réseau Social » ou « Réseau Social Professionnel » s’ajoute à ma longue liste de mots qui peuvent froisser quelqu’un.

 

La richesse de la langue française
S’il est un mot qui passe comme une lettre à la Poste, c’est celui de « Réseau Professionnel Interne », ou RPI. Ce terme, encore trop peu usité dans le secteur, ne contient aucun défaut déjà mentionné. Je remercie donc la langue française d’être aussi riche. En revanche, ce terme met trop fortement en avant la notion de réseau professionnel, qui pourrait s’assimiler à un simple annuaire interne. Or ce qui fait la force d’un RSE, ce sont les discussions et échanges qui nourrissent la plate-forme.

 

Je crois donc qu’il n’y a pas de mot parfait pour expliquer le concept de Réseau Social d’Entreprise dédié aux collectivités. Même si la voie du compromis inhérente à tout projet doit être trouvée, une des questions primordiales porte sur l’acculturation de l’équipe projet et des décideurs sur les changements culturels qu’impliquent la mise en place d’un RSE. Les débats sur les termes employés ne sont que la partie émergée de cet iceberg.

 

Pour aller plus loin : Changer de sémantique pour réussir son réseau social d’entreprise

2 réponses

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] Même si cela dépend de nombreux facteurs propres à chaque organisation, la fréquence de refonte d'un intranet dans le secteur public est de l'ordre des 6 – 8 ans. Dans certains cas il s'agit de rajouter de la collaboration à …  […]

  2. […] Les collectivités qui s’engagent dans un projet de réseau social cristallisent souvent leurs discours sur les termes à utiliser pour parler de leur projet. Pour beaucoup d’entre elles les fonctions sociales, qui permettent de se mettre en relation et de converser facilement, représentent une barrière psychologique. Elles n’osent donc pas employer certains termes…  […]

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *