L’administration de Bercy brasse ses neurones

Jeudi 11 avril dernier se tenait le #bercycamp a la #LaCantine organisé par le bureau des partenariats et des réseaux sociaux de Bercy et le Social Média Club. J’y étais invité pour planter le décors et faire un rapide état des lieux de la question des Réseaux sociaux professionnels pour l’administration publique.

Animé par Paul Richardet (Silicon Sentier, @PaulRichardet) chacun a pu proposer les sujets qu’il souhaitait mettre au débat et des petits groupes de travail se sont construits autour. Certains étaient venus avec l’intention de trouver des réponses à leurs questionnements quand d’autres étaient la pour participer au débat.
Pour une fois, l’administration à ouvert ses échanges, permis à des entreprises (comme L’Oreal ou Lecko) d’intervenir et a tout public de participer aux groupes de travail. Étaient ainsi présents des éditeurs et prestataires de services, mais bien sur un 3/4 d’agents de l’administration, 60 personnes en tout. Nous étions entre praticiens, d’expérience variable certes, mais l’animation “barcamp” a cassé les codes (avec reussite) que l’on trouve habituellement dans les événements organisés par et pour le secteur public.
Au delà de cette ouverture au privé, c’est aussi un moyen pour les porteurs de changement, souvent trop seuls dans leur organisation, de se rencontrer et se fédérer. Une aide, mais aussi un moyen d’acquérir une reconnaissance a l’externe pour mieux convaincre ensuite en interne. Nul n’est prophète en son pays.

Bon, reste encore un problème avec le nom : Réseau sociaĺ d’#entreprise ça fait tousser. #social aussi … Alors certains prennent le parti de mettre en place un RSE sans l’appeler ainsi. Vu que je ne vois dans cette question que des susceptibilités corporatistes, et aucune différence fonctionnelle ou d’usage, je ne vois pas trop l’intérêt du débat.

Ce barcamp montre une réelle progression de la reflexion des administrations sur le sujet. Notamment dans l’approche employée : on fait pour voir et apprendre, réussissant à sortir de l’approche projet Merisien traditionnel. Ensuite, on va voir ce que font les autres, y compris a l’extérieur. Et pour terminer, on s’ouvre aux technologies Cloud permettant de travailler sur les usages sans initier de projet informatique long et coûteux.
L’état d’esprit des participants était nourri de curiosité et de la volonté d’être constructif. Est ce encore un des effets positifs d’avoir sorti les agents de leur cadre de travail habituel ? Probablement.
Les thèmes ont été centrés sur les bonnes problématiques (on a pas parlé outil !) : par exemple, “résistance au changement associé au terme désarroi” un des ateliers auquel j’ai participé. Le thème était révélateur des difficultés ressentis par ceux qui veulent faire bouger les lignes. Comment convaincre ?
Autre sujet qui a bien progressé : La place de l’agent dans son corps social, sa parole muselée aujourd’hui (“droits de réserve” et poids de la hiérarchie) et le potentiel “piège social” tendu en lui proposant de s’exprimer publiquement dans son administration sans lui avoir donné la capacité de ne pas prendre des coups.

Le barcamp s’est terminé par le témoignage de 3 porteurs de projet : Sylvain Jolivet (L’Oreal), Stéphane Foltzer (ministère de la défense) et Nicolas Chapuis (ministère des affaires étrangères).

L’exemple du futur réseau Diplomatie 2.0 porté avec conviction par Nicolas Chapuis, son DSI. Un projet qui a le mérite de pouvoir être mené comme un projet de SI métier puisqu’il s’agit de fournir une plateforme pour la correspondance diplomatique. Un bon moyen de montrer que les organisations en réseau sont complètement compatibles avec le fonctionnement de l’administration publique.

Voici les notes que j’ai pu prendre sur les expériences présentées :

  • Sylvain Jolivet travail au sein de la DRH de L’Oreal (@Sylvain_Jlvt), Le RSE est déployé depuis 5 mois et compte 6000 utilisateurs a ce jour.

Il a réalisé un accompagnement de terrain sans moyen de communication interne. Son objectif : provoquer le déclic chez les utilisateurs.

  • Stéphane Foltzer (@stephanefoltzer), ministère de la Défense, en charge du projet Synoptique déployé il y 7 mois.

Il s’agit d’un portail d’information avec ouverture aux commentaires sur lequel cohabite des communautés professionnelles. L’animation réalise une curation des meilleurs contenus des communautés vers le portail. Il a choisit de proscrire le mot #social.

  • Nicolas Chapuis – DSI du ministère des Affaires Etrangères, en charge du projet RSE “Diplomatie 2.0” qui sera déployé dans 15 mois.

Il s’agit clairement d’un RSE métier, voir d’une application métier sociale. Sa finalité est de répondre au métier du diplomate qui consiste à produire de l’information à destination du Président et à négocier les intérêts de la France (à partir d’instructions). Aujourd’hui, l’ambassadeur n’accède pas a son SI en situation de mobilité. 1000 câbles diplomatiques remontent par jour. 5 sont lus par le Président après un effort de tri important à plusieurs niveaux. 3 millions de documents sont produits par an.
L’objectif de Diplomatie 2.0 sera de hiérarchiser l’information (notamment distinguer ce doit être fait, de ce qui doit être lu). À ce jour, le projet entame son 15eme mois de développement. Il se trouve à mi-parcours. Son budget est de 3 millions d’euros.
Ce sera le 1er RSE inter ministériel. Les messages importants seront qualifiés à la production, pour mise en relief, sans pour autant restreindre l’accès au autres.
Il s’agit d’une véritable une mise en réseau du processus d’échange du courrier diplomatique visant l’activation de l’intelligence collective, “faire mieux travailler ensemble ces esprits brillants” comme l’a souligné Nicolas Chapuis. Ses conseils pour convaincre :

1. Regarder ce qui se passe ailleurs (dans les entreprises et les administrations étrangères)
2. Le mail est abêtissant, quand le RSE est “lumière”, les dirigeants ont peur des conséquences.

En savoir plus sur : Les cafés économiques de Bercy

 

 

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