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Intrapreneuriat : quand le changement vient de l’intérieur

L’intrapreneuriat, pour quoi faire ?

Bien que ce mot aurait été utilisé pour la première fois dans les années 70, c’est un concept bien récent dans les organisations. Selon Challenges“L’intrapreneuriat permet aux salariés d’une entreprise de mener un projet innovant de bout en bout en leur sein tout en gardant leur statut.”

Un dispositif intéressant, qui s’impose d’année en année dans de nombreux grands groupes. En effet, face à un environnement de plus en plus concurrentiel et mouvant, les entreprises doivent concentrer leurs efforts sur l’innovation. Pour cela, elles font le pari de faire émerger le potentiel entrepreneurial de certains collaborateurs. Ces derniers voient alors une évolution de leur rôle et de leur posture pour proposer de nouvelles idées, faire émerger de nouveaux projets, services ou produits. Ils deviennent ainsi des entrepreneurs au service de leur entreprise.

Bon nombre des clients que nous accompagnons chez Lecko expérimentent ce modèle d’innovation en interne. Il est intéressant d’observer comment les organisations mettent en mouvement leurs ressources pour répondre à leurs nouveaux enjeux stratégiques, et comment les intrapreneurs sont accompagnés dans cette démarche.

À travers cet article, vous aurez l’occasion de découvrir comment un grand groupe français s’organise pour anticiper les évolutions dans son secteur : l’innovation en interne, et de découvrir les changements qu’un tel projet implique, tant pour l’entreprise que pour l’intrapreneur.

L’accompagnement des intrapreneurs chez Vinci

VINCI a lancé Leonard : le laboratoire ouvert du futur des villes et des territoires. Dans ce cadre, le parcours intrapreneurs permet de faire émerger des projets innovants en lien avec les métiers du Groupe.
« Leonard c’est notre hub d’échange autour de l’innovation, catalyseur de synergies multiples », affirmait Xavier Huillard, Président Directeur Général de VINCI, pendant l’inauguration de Leonard. Pierre Coppey, Directeur Général adjoint de VINCI, explique que « le lancement de Leonard est une réponse aux transformations profondes que connaissent les métiers du groupe ».

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Et pour les collaborateurs qui veulent se lancer dans l’aventure ?

La démarche est, du point de vue de Lecko, bien structurée —

« L’équipe Leonard propose un parcours clair pour les participants du programme. L’aventure se déroule en deux phases “de l’idée au projet” puis “du projet au business” comprenant pendant tout ce parcours, un accompagnement renforcé par un dispositif de professionnels : membres du COMEX, partenaires investisseurs, mentors, académiques ou encore patrons de startup »

Manon La Perna, Consultante Transformation digitale chez Lecko

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De l’idée au projet

Le collaborateur a accès à une plateforme d’open innovation — basée sur la technologie développée par la startup Yoomap. Cette plateforme permet de soumettre sa candidature et d’expliciter l’idée sous différents angles. Une fois l’idée retenue, l’intrapreneur prépare un “pitch” afin de la présenter en comité de sélection. Le collaborateur bénéficie dès cette phase d’un accompagnement de la part de l’équipe Leonard. Les intrapreneurs retenus bénéficient d’un accompagnement sous forme de coaching et de formations : business plan, développement MVP* et dédient 20% de leur temps pendant 4 mois. Si son projet est validé au terme des 4 mois, il y dédiera 100% de son temps pendant 4 mois complémentaires.

Des événements dédiés aux intrapreneurs sont également organisés avant, pendant et après la phase de projet pour partager leurs propres expériences et se nourrir des projets d’autres intrapreneurs.

Un changement de perspective pour l’entreprise…

Ce nouveau modèle d’innovation implique donc de nouveaux besoins exprimés par les entreprises, notamment celui d’accélérer et d’assurer que son activité est toujours au cœur de l’actualité. Pour répondre à ces besoins, et les accompagner dans cette course, de nombreux acteurs émergent sur le marché.

Vous avez probablement déjà entendu parler de ces nouvelles “pépites”, communément appelés incubateurs comme le NUMA, SchooLab, Corporate for Change, et autres acteurs au service des entreprises souhaitant développer des programmes d’intrapreneuriat ou faire évoluer rapidement un projet en business.

Ces moyens sont mis au service des intrapreneurs dans un but précis : faire évoluer les projets plus rapidement et efficacement que dans leur environnement d’origine, en s’appuyant sur les méthodes développées par ces incubateurs et leur réseau. Les intrapreneurs sont le plus souvent immergés dans les pépinières de ces acteurs pour bénéficier de toutes les ressources proposées (coach, directeurs artistiques, autres intrapreneurs et entrepreneurs, etc.).

Les entreprises les plus initiées vont jusqu’à créer des start-up studios pour y accueillir les intrapreneurs, les start-up internes et aussi tous les acteurs clés qui ont un rôle à jouer dans cette course.

En ce sens, l’équipe Leonard et particulièrement Nathalie Martin-Sorvillo, Directrice des programmes innovants, interagit avec plusieurs programmes d’intrapreneuriat d’autres grands groupes pour en tirer un retour d’expérience mutuel.

… et pour le collaborateur

« L’intrapreneur : un collaborateur qui fait des choses [travaille sur un projet innovant] de sa propre initiative au sein d’une organisation déjà existante. Une sorte de chef de projet amélioré. La différence est qu’il doit prendre en considération des éléments dont il n’avait pas à se soucier auparavant, comme gérer un budget ». (Flexjob)

Transformation de la posture

Investi de sa mission d’intrapreneuriat, le collaborateur doit souvent aborder sa mission avec un état d’esprit demandant une savante combinaison de créativité et de prise de risques. Il ne doit pas hésiter à casser les lignes dans son entreprise, sortir des sentiers battus pour innover à sa manière. On ne pourra pas reprocher à un intrapreneur d’avoir “trop tenté”, c’est exactement ce qu’on attend de lui ! Seulement, ce changement de posture exige un accompagnement spécifique pour que la transition soit efficace.

Chez Vinci, chaque intrapreneur bénéficie de l’apport d’un mentor externe, qui est un entrepreneur. Par ailleurs, ils sont accompagnés par un coach tout au long du parcours.

Transformation du rôle

Après cette aventure pour transformer un projet en business, il paraît alors logique que le poste initial de l’intrapreneur évolue. Plusieurs scénarios sont possibles, le plus simple étant de créer une nouvelle activité dans une Business Unit existante. Si aucune BU existante ne correspond au projet, une nouvelle Business Unit peut être créée à cet effet.
D’autres options sont possibles, comme la création d’une startup à laquelle l’entreprise pourra prendre part par une participation au capital (une “spin-off”).

S’il le souhaite l’intrapreneur peut également reprendre son poste initial mais enrichi par cette expérience, qu’il pourra diffuser au sein de son organisation. Il est alors essentiel de capitaliser sur l’expérience de l’intrapreneur et d’en faire un ambassadeur du changement de culture que l’on souhaite porter. Au cours de son aventure, il a aura eu l’occasion de tester de nouvelles pratiques collaboratives, portées par des solutions qui se différencient des outils “classiques” de par un positionnement innovant et une expérience de collaboration à la pointe du marché.

Et comment les intrapreneurs collaborent-ils ?

Ainsi, le choix des outils collaboratifs est primordial pour l’intrapreneur : ils doivent être suffisamment flexibles pour s’adapter aux évolutions du projet, déployables en quelques clics pour être opérationnels immédiatement, et avec une expérience utilisateur irréprochable pour faciliter la prise en main et gagner en productivité. L’intrapreneur ne cherche pas à s’équiper pour gagner en confort, mais pour atteindre plus rapidement ses objectifs.

“Avec la croissance exponentielle du marché entrepreneurial au cours de ces dernières années, le marché collaboratif a logiquement suivi la tendance, et d’innombrables solutions collaboratives à destination de petites équipes en quête de productivité dans un univers user-friendly ont vu le jour. Ces solutions imposent de nouveaux standards qui conduisent les acteurs plus historiques à se calquer sur leur modèle.”

Pierre-Marie, Expert Solution chez Lecko

La communication

Le nerf de la guerre. Une startup doit être autant efficace dans sa communication interne qu’externe ! Les chatops, Slack en tête, sont les chouchous des entre/intrapreneurs. Désormais plus que de simples canaux de communication, leur force réside dans leur capacité à centraliser les flux d’information des autres applications, pour devenir la brique collaborative principale.

La gestion de projet

Une start-up qui avance, c’est une start-up qui exécute, et ce malgré un environnement instable. Les outils de gestion de projets prisés par les entrepreneurs se doivent donc d’être tout aussi agiles et malléables que leurs utilisateurs, pour se réorganiser en un rien de temps, et être hautement personnalisable. Trello en est un des pionniers, tandis qu’Airtable commence à se faire une place de choix sur le marché.

La veille

Pour rester compétitif, connaître son écosystème, saisir des opportunités, ou juste chercher de l’inspiration, les actions de veille rythment le quotidien de l’entrepreneur. La plupart d’entre eux effectuent leur veille avec leur plateforme de communication interne, ou leur outil de prise de note. Mais le marché évolue pour répondre à ce besoin, et de nombreux spécialistes émergent, comme Stample.

La coproduction

Quand on parle de coproduction, les startups ne jurent souvent que par une chose : le temps réel. La production de tout type de contenu se doit d’aller d’être simplifiée à l’extrême, et hyper agile. Ainsi, que ce soit pour de la prise de note, une réflexion éphémère, ou une présentation client, l’allié principal de l’intrapreneur en terme de coproduction reste la suite GDocs, qui ne connaît pas de réel concurrent à ce jour sur ce segment. On note cependant l’arrivée de solutions entièrement conçues pour cet usage, et très orientées startup telles que Slite.

L’ensemble de ces cas d’usages constitue ainsi une base solide qu’il faut capitaliser et faire rayonner en interne. Ce sont des retours d’expériences concrets et incarnés par des porteurs d’initiatives qui permettent de toucher et convaincre le plus grand nombre, sujet que nous approfondissons dans notre état de l’art de la transformation interne.

Les grands enseignements des programmes d’intrapreneurs dans de grands groupes

« On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre. Il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche » Mark Twain

Certes, l’intrapreneuriat a pointé le bout de son nez il y a longtemps, les entreprises ont mis du temps à mettre en oeuvre ces projets et s’approprier les codes. Le développement de la culture startups, le bond en avant de l’entrepreneuriat, et plus encore les phénomène “d’ubérisation” des marchés ont donné un coup de pied dans la fourmilière. Les entreprises ont accéléré et mis beaucoup de moyens dans des programmes d’innovations internes afin de répondre aux attentes des collaborateurs, ayant soif de projets entrepreneuriaux. Il est clair que les collaborateurs attendent aujourd’hui plus d’autonomie et de conviction dans les projets qu’ils mènent au sein de leur entreprise.

L’intrapreneuriat amène ainsi des changements suivant plusieurs dimensions : dans le quotidien de l’intrapreneur, de son manager et de son équipe, et à l’échelle de toute l’entreprise. Il faut alors apprendre à composer avec ces nouveaux modes de fonctionnement et laisser aux intrapreneurs le temps nécessaire pour mener à bien leur projet, souvent, au dépit de leur poste initial.

Cela nécessite également d’accompagner les intrapreneurs dans cette démarche d’innovation, en leur fournissant des ressources adaptées venant de formations internes ou d’intervenants externes. On pense ainsi aux pratiques issues du design thinking et des méthodes agiles par exemple.

Enfin, il convient de laisser l’intrapreneur sélectionner les outils qu’il souhaite utiliser pour collaborer au quotidien plutôt que de lui imposer le standard de l’entreprise, de manière à conserver toute l’agilité propre à son projet. Son expérience en fera un parfait ambassadeur sur qui s’appuyer pour mettre en lumière de nouveaux usages au sein de toute l’entreprise.

*minimum viable product

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Manon La Perna

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