Sans repère, les projets RSE pourraient se perdre

Sans rentrer dans le débat du mode de calcul du ROI d’un RSE, la question des objectifs et des indicateurs de réussite d’un RSE devient de plus en plus prégnante. Définir des objectifs sur la base d’indicateurs pertinents est la seule manière de piloter son action d’accompagnement au développement des nouveaux usages. Les routes commerciales maritimes se sont développées grâce aux boussole, cartes et sextants ou connaissances des étoiles. Les transformations vers l’entreprise 2.0 a grande échelle nécessitent autant d’outils de repérage. Un jour ou l’autre, les porteurs des projets E2.0 devront justifier du chemin parcouru au regard des efforts engagés.

Si des entreprises précurseurs témoignent avec conviction de leur démarche iconoclaste, de la prise de risque associée et des réussites émergentes, elles peinent à proposer des indicateurs de performance. Loin de moi l’idée de leur jeter la pierre, car leurs témoignages sont essentiels et je regrette que d’autres entreprises ne laissent pas leurs praticiens s’exprimer publiquement, et participer à ces débats.

Voici un exemple de discussion sur Twitter qui reflète bien les échanges de plus en plus fréquents dans les conférences.

Attention à ne pas y voir qu’un débat créé par la compétition entre les éditeurs. Au passage, la question de la transformation et du développement d’usages n’est pas qu’une question d’outils car sur ce plan, ce ne sont que les catalyseurs d’une réaction chimique provoquée par les bons ingrédients d’une strategie, de sa mise en oeuvre et de l’accompagnement.

Les indicateurs présentés par les uns et les autres sont orientés « contenus », 1.0 comme diraient certains ! Si comptabiliser le nombres de membres, le taux de contributions ou l’audience peut montrer une certaine activité, cela ne traduit aucunement une évolution des pratiques, ni individuelle, ni collectives vers des organisations en réseaux. Les innombrables discussions autour de leur sens ou pertinence montrent qu’ils ne sont pas suffisants.

Cette recherche de points de repères est d’ailleurs tout aussi forte à l’extérieur de l’entreprise, sur les médias sociaux : Le succès de Klout en est un bon exemple (Pourquoi le Klout électrise-t-il le web ? ). Ce besoin était également très présent aux débuts du web pour mesurer l’audience : visites, visiteurs uniques, pages vues, durées de consultation, etc. L’expérience a conduit le marché à s’accorder sur des indicateurs communs et à en préciser la définition, puis à en créer de nouveaux plus pointus, comme le « taux de rebond ». Des indicateurs indiscutables qui permettent a l’écosystème de valoriser les performances des uns et travailler a leur amélioration pour les autres.

Les modes d’organisation en réseau offrent des opportunités de définition de nouvelles stratégies métiers plus efficientes dans l’univers informationnelle d’aujourd’hui. Les entreprises averties définissent leurs stratégies orientant ainsi leur projet RSE. Un acte fondateur essentiel ; en se mettant en mouvement, elles initient leur courbe d’expérience et se donne les moyens de progresser par ajustements successifs. Pour autant, de mon point de vue, les projets engagés aujourd’hui ne sont que des premières étapes vers un nouveau paradigme qui nécessitera d’autres projets pour accomplir cette transformation. Les porteurs de ces projets et les acteurs du marché devront bien reconnaitre que du chemin reste à parcourir tout en démontrant que des avancées ont été  réalisées. Cette question des indicateurs rejoint plus globalement celle du manque d’outil méthodologique pour assurer la réussite des projets de transformation.

1 réponse

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *