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Reprendre le pouvoir sur ses habitudes pour gagner en efficacité

« Nous sommes ce que nous répétons sans cesse »
Aristote

Les habitudes, nous en avons tous; des bonnes, des moins bonnes, souvent des mauvaises d’ailleurs. Si on les identifie bien, il est cependant plus difficile de les définir.

Au travail comme à la maison, les contraintes d’efficacité et l’accélération des rythmes nous poussent à trouver les parades pour s’adapter. Nous prenons alors involontairement des habitudes. Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, ces habitudes vont, en situation, avoir l’effet inverse du bénéfice recherché. Dés lors, comment renverser la tendance et mettre en place de vraies bonnes habitudes qui vont nous rendre efficaces?

Définition


Une habitude est un enchainement de micro-actions que l’on réalise de manière automatique. À force d’accomplir ces actions, notre cerveau va développer des automatismes et par conséquent ancrer profondément nos habitudes. D’un point de vue scientifique, la réalisation des actions va solliciter et connecter un ensemble de neurones, qui vont se reconnecter plus facilement les fois suivantes. Les habitudes auront donc l’avantage de ménager le cerveau qui n’aura pas besoin, en tout cas de moins en moins, de récréer tout le parcours déjà réalisé. Une habitude est ainsi une chose tout à fait naturelle dédiée à éviter la surchauffe inutile de nos méninges.
Si elle est à priori bénéfique pour notre corps, une habitude remise dans le contexte du quotidien peut aussi bien s’avérer bonne ou mauvaise. Dans les faits ce sont les conséquences des actions répétées inconsciemment qui peuvent avoir un effet bénéfique ou néfaste.

Nous avons tous des mauvaises habitudes


Nos rythmes de travail effrénés associés à l’émergence des nouvelles technologies, nous ont rapidement fait prendre de mauvaises habitudes.
La faute au temps qui nous manque cruellement. Temps sans lequel nous ne pouvons pas nous poser pour réfléchir à nos actions et à chacune de leurs conséquences. Ainsi sans nous en rendre compte, nous adoptons ces automatismes qui nous sont contreproductifs.
Le monde professionnel est un terreau fertile pour prendre ces mauvaises habitudes. Qui n’est pas obsédé par son téléphone que l’on « dégaine » à la moindre notification, c’est à dire toutes les deux minutes en moyenne. Certes ces notifications sont bien utiles, mais est-il bien nécessaire de détourner son attention aussi fréquemment lorsque l’on sait que pour revenir à son niveau de concentration optimal, jusqu’à 20 minutes peuvent être nécessaires? D’ailleurs, Le paramétrage des notifications est l’une des premières choses que l’on enseigne lors de la mise en place d’un RSE, car son aspect contreproductif est un véritable frein à l’adoption du réseau social, et des nouveaux usages.

Une autre mauvaise habitude fréquemment rencontrée en entreprise est celle de répondre à chaud à ses emails. Cela démontre certes votre grande réactivité, mais si on y réfléchit bien, on se rend compte que lorsque l’on répond à la hâte, c’est le coté émotionnel qui va être mis à profit. On va souvent y perdre en objectivité et favoriser interprétations et quiproquo avec le risque de transformer l’échange en véritable conflit.

La « réunionnite  aiguë » est aussi un très bon exemple de mauvaise habitude. Tout le monde se plein d’avoir trop de réunions et de ne plus avoir de temps pour travailler réellement. On perdrait ainsi jusqu’à 3 heures de notre temps travail par jour. Se réunir est une bonne chose en soit et est même essentiel, à mon sens, dans la conduite de projets. On a cependant cette « fâcheuse » habitude de se réunir souvent pour un rien, sans ordre du jour, et invitant des personnes qui n’ont rien a y faire juste pour des aspects politiques. Le constat est que plus de la moitié des réunions est jugée inutile et inefficace.

Le manque de transparence, la crainte d’exposer ses difficultés à trouver une solution, sont aussi des mauvaises habitudes que je retrouve fréquemment en mission, et qui sont incompatibles avec la mise en place de nouveaux usages et les réseaux sociaux d’entreprise. C’est d’ailleurs une des habitudes que j’essaie de faire changer rapidement, car tout le monde ressort gagnant à s’investir dans l’échange, l’entraide et la co-construction.

Bureaux mal rangés, procrastination et j’en passe sont autant de mauvaises habitudes qu’il est nécessaire de transformer en quelque chose de vertueux pour le bien-être du salarié et de l’entreprise.
Changer ses habitudes, oui mais comment? Pas si facile me direz-vous.

Mettre en place de nouvelles habitudes


Adopter de bonnes habitudes équivaut souvent à chasser les mauvaises par les bonnes. Si l’on revient sur l’aspect scientifique, cela correspond pour le cerveau à un nouveau chemin, donc avec de nouvelles connexions de neurones. Le cerveau est plutôt économe et favorisera toujours le chemin nécessitant le moindre effort. Il est cependant doué d’une extraordinaire plasticité lui permettant de créer toujours de nouvelles connexions pour mieux s’adapter au contexte. À partir de ce constat, il apparait donc nécessaire de bien prendre conscience qu’un effort sera demandé au cerveau pour adopter la nouvelle habitude. Pour l’aider dans cette tâche, il va être primordial de donner du sens et une certaine utilité à cette nouvelle « bonne » habitude. Ecrire noir sur blanc les objectifs, les bénéfices attendus et les obstacles potentiels est la première étape essentielle dans cette démarche. Cela permettra d’y revenir et surtout la matérialiser, la porter à sa conscience.

La seconde étape consiste à segmenter l’habitude en plusieurs actions. Ceci permet, à travers la réalisation de chacune des actions, de bien prendre conscience du changement et de bien se représenter la nouvelle habitude. Rendre concret l’habitude est indispensable pour la bonne appropriation et son auto-satisfaction (réel moteur de la motivation).

Il est souvent dit qu’il faut 30 jours pour ancrer une habitude. De mon expérience, je suis plutôt d’accord avec cette estimation et c’est d’ailleurs un minimum. C’est la répétition des mêmes actions, donc les mêmes connexions neuronales, qui va progressivement automatiser le processus, à l’instar d’un sentier de plus en plus emprunté par des randonneurs devenant un chemin. Il est indéniable que la persévérance et une attitude positive sont, à cette étape, vos meilleurs alliés. N’hésitez pas non plus, à ce stade, à demander du soutien à vos proches ou vos collègues. Les réseaux sociaux peuvent être ici un véritable atout, même si, j’en conviens, il n’est pas aisé de s’exposer sur ce type de problématiques. Rien ne vous empêche de changer vos habitudes avec vos collègues et mettre en place des mini-challenges qui auront pour objectif de vous booster.

En suivant ces quelques étapes, il vous sera ainsi facile de transférer vos mauvaises habitudes pour gagner en efficacité et sérénité. Changer ses habitudes nécessite un effort, c’est pourquoi, il est préférable d’en changer une à la fois pour garantir le succès, et ne pas risquer de se disperser et d’échouer dans chacune des initiatives.

L’évolution des usages, la mise en place d’outils collaboratifs, de réseaux sociaux d’entreprise, sont autant d’occasion de faire évoluer ses manières de travailler et de mettre en place de bonnes habitudes.

Et vous? Quelles bonnes habitudes allez-vous adopter ?

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