Jive Software

Le rachat de Jive Software marque un changement de leadership sur le marché du Social Software 

 

Le rachat de Jive solde une vision globale et monolithique de la transformation des organisations. Pour la majorité des entreprises la stratégie de transformation ne passe plus d’abord par un décloisonnement et ensuite une pénétration de la collaboration dans les processus. Aujourd’hui le marché privilégie des solutions moins « transformantes » comme O365 (Microsoft), Google Suite et Workplace (Facebook). Les grandes entreprises ont besoin de temps pour digérer et appréhender la culture collaborative avant de se transformer en profondeur. Elles ont décidé que le point de départ de cette transformation était la productivité des équipes.

La vision de Jive était de construire LA plateforme collaborative et sociale permettant de soutenir la transformation. Mais peu d’entreprises ont réussi à développer ces usages disruptifs à large échelle. Cette transformation opère (nous le mesurons cf L’état de l’art des Réseaux sociaux d’entreprise – tome 9 : http://referentiel.lecko.fr/rset9/) mais localement au sein de l’entreprise. Indépendamment de Jive, les entreprises qui choisissent les produits concurrents se sont résignées (quoiqu’elles en disent) à un cloisonnement applicatif inhérent aux produits. Une réalité étonnante, mais de grands éditeurs comme Chatter (Salesforce) ou Yammer (Microsoft O365) ne savent pas fédérer des instances de filiales et être à la hauteur de la complexité structurelle de leurs grands clients. Ce cloisonnement recrée de nouveaux silos et freine la mise en réseau de l’organisation. L’entreprise ne réussit pas à surmonter des dizaines d’années de management hiérarchique.

Le choix de Jive d’aller ses dernières années vers l’intranet social était déjà la traduction de ce constat. Cela les a conduit à ramener la collaboration à un sujet de communication interne 2.0 et a atténué leur ambition de « socialiser » les processus. En 2015, la sortie des applications Chime et Circle marquait le virage vers les usages de productivité, mais l’éditeur les a abandonné quelques mois après les avoir lancé. Il n’a pas donné d’explication, mais cela ressemblait à un recentrage stratégique.

La technologie est très loin de suffire à transformer. Jive reste un produit haut de gamme (lire l’analyse de la solution http://referentiel.lecko.fr/jive-n/) pour des entreprises ambitieuses, qui se donnent les moyens d’impulser le changement des pratiques internes et l’émergence d’un « travailler autrement ». Mais ce marché se réduit au fil que l’offre de productivité à bas coût se démocratise, et devient un segment trop étroit pour nourrir les ambitions du leader historique du social-Software.

Les rêves de transformation se traduisent trop souvent par des modernisations de l’environnement de travail. Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, l’absence de stimulation du changement entraîne aussi une adoption locale, non généralisée, des usages de productivité. Ceux qui ont freinée les ambitions de Jive, Google et Microsoft, ne sont pas tirés d’affaire.

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